dimanche, 03 mai 2009

Le Contrat

lundi, 21 mai 2007

Pérégrinations intellectuelles et dissidentes Italiennes

Quand le climat intellectuel hexagonal devient par trop nombriliste et pesant, tel qu’en ce moment («l’anti-sarkozisme » post-soixantuitard revanchard versus le « sarkozisme » débridé, la grande querelle franchouillarde plombant tous les débats du moment…), j’ai coutume d’en profiter pour aller explorer chez nos voisins  les lieux ou la pensée y ‘est plus alerte et plus dissidente;  il est fréquent que mes pas me dirigent alors de l’autre coté des Alpes, ou il est rare que mes attentes ne soient pas comblées, et que je n’en revienne pas les valises chargées de précieuses productions, tels les deux remarquables essais présentés ci-dessous.

medium_gambescia.2.jpg« Il migliore dei mondi possibili. Il mito della societa dei consumi » par Carlo Gambescia (Settimo Sigillo, 2006)

Dans  cet ouvrage très dense qui s’ouvre sur une brillante étude anthropologique des besoins humains (chap.I « Non di solo pane ») et sur une archéologie de ce modèle (Chap.II « Il peso della storia ») , notre ami le sociologue Carlo Gambescia établit une critique argumentée et érudite de cette société de consommation qui nous impose dorénavant  ses mythes et ses valeurs – toutes marchandes; il y met parfaitement en lumière les raison de sa métamorphose : si elle fut à son origine perçu comme étant oppressive et totalitaire par le monde intellectuel, elle est présentée maintenant comme étant le modèle exclusif de la liberté, inatteignable par la critique, et véritable réalisation du Pays de Cocagne (d’où le détail, en couverture, du tableau de Pieter Brueghel « Le Pays de Cocagne » ou l’on voit les poulet déjà rôtis sauter d’eux même dans le plat !). L’épilogue de l’ouvrage, optimiste, nous propose quelques orientations pour dépasser ce type d’organisation sociale basé sur le primat de l’économie, et vis-à-vis  duquel on voudrait nous faire croire qu’il n’existe pas d’alternative raisonnable.  Une lecture capitale dont malheureusement il n’existe pas de traduction française.  Rappelons ici que Carlo Gambescia est l’auteur d’un blog (en Italien) d’analyse et de réflexion métapolitique d’un très grand intérèt :http://carlogambesciametapolitics.blogspot.com/

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 « Il Ribelle. Dalla A alla Z » par Massimo Fini (Marsilio Editori, 2006)

Composé sous la forme commode d’un dictionnaire, ce livre retrace trente d’activité militante d’un des intellectuels les plus turbulents d’Italie, l’écrivain et journaliste Massimo Fini.  Cette somme compact reprenant les différentes thématiques abordées dans ses ouvrages précédents tels que « Il vizio Oscuro dell’Occidente. Manifesto dell’antimodernita » ou « Sudditi. Manifesto contro la democrazia »  – entre autre la critique virulente de la globalisation, du libéralisme économique et de ses méfaits  ou celle de la démocratie représentative- présente la vue du monde originale, complète et cohérente de ce sympathique penseur dissident. Pour mieux connaître la bio-bibliographie de l’auteur et son actualité, je renvoie le lecteur sur son site officiel et sur le site du Movimento Zero, mouvement inspiré par son Manifesto dell’antimodernita

 

mercredi, 08 février 2006

"Adieu à la différence"

« Adieu à la différence. Essais sur la modernité tardive » par Claude Karnoouh (Arcanteres, collection « Hypothèses », 1999)
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"La planétarisation de l'économie, des réseaux de communication, des modes et des goûts uniformise le monde : McDonald, Coca-Cola, Dallas, l'effet CNN, la pornographie triomphante comme gage de démocratie, les guerres économiques et militaires, et les diktats du FMI somment le monde de se soumettre à l'ordre technico-financier de l'Occident. Après l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'Est, les modèles et les comportements sociaux occidentaux s'y sont répandus comme une traînée de poudre sur les ruines de l'Etat, avec les anciennes-nouvelles mafia et avec la renaissance des mouvements nationalistes. Le précédent rapport Est/Ouest s'est désormais transformé en un rapport Ouest/Ouest où s'ouvrent les nouveaux espaces du marché mondial et se développent de nouvelles zones de tiersmondisation. Comme le Sud, l'Europe de l'Est sert d'objet privilégié à la rhétorique du simulacre : celle d'une douteuse charité spectaculaire ; celle des ethnismes folklorisés et historisés en pseudo-différences ; celle des Droits de l'Homme instrumentalisés à des fins politiques et commerciales ; en bref, celle du discours de l'altérité comme moyen d'acculturation-déculturation travaillant au profit de la domination de la marchandise. Adieu à la différence rassemble une série d'essais critiques qui, de l'histoire à la philosophie politiques, de l'ethnologie à l'aide sociale aux toxicomanes, de la vie quotidienne en Europe de l'Est au déploiement du marché de l'art en Occident, cherchent à interpréter ce que l'auteur regarde comme la démesure et l'errance de la modernité tardive. "

 

jeudi, 26 janvier 2006

Face à la mondialisation

« Le terme de « globalisation » (ou « mondialisation » )s'est imposé depuis quelques années pour décrire un phénomène qui s'accomplit sous nos yeux : la déterritorialisation de la plupart des problématiques contemporaines et la tendance à l'unification de la Terre. Ce phénomène n'est pas une idée ou un simple projet,mais une réalité à laquelle concourent objectivement la plupart des tendances actuelles.L'ampleur du phénomène en laisse prévoir la durée. La globalisation,pour le dire autrement,constitue désormais le cadre de notre histoire présente.C'est pourquoi se déclarer « contre la globalisation » n'a aujourd'hui plus beaucoup de sens. On peut en revanche en élucider la signification,et tenter d'agir sur ses formes et son contenu. »

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Retrouvez ci-dessous deux textes de conférence du philosophe Alain de Benoist pour comprendre ce vaste   phénomène mondial géopolitique,  économique et culturel qu’installe un libéralisme débridé et que permettent les moyens actuels de communication et de circulation. Alors que s’étend et se concrétise ce qu’il  appelle l’idéologie du Même (homogénéisation planétaire, uniformisation des comportements,disparition des modes de vie différenciés,généralisation d'un modèle uniforme de « développement », etc.), et que d’autre part –dans le même temps que grandit l’impuissance des Etats nationaux- s’actualisent des formes « de crispations identitaires, d'affirmations ethniques ou religieuses agressives, qui engendrent un peu partout guerres civiles et conflits tribaux »,  l’auteur nous invite, par ces textes, à penser de nouveaux modes d’être et d’agir au sein de cette réorganisation du monde :

« Qu’est ce que la mondialisation » (texte d’une conférence prononcée à Anvers)


 « Face à la mondialisation » (texte d’une conférence prononcée à Paris le 1°décembre 1996, repris dans l’ouvrage collectif ‘Les grandes peurs de l’an 2000 », Paris 1997)

Ces deux textes sont téléchargeables ici

mardi, 08 novembre 2005

Une réponse à la mondialisation

A noter la mise en ligne, sur le site du G.R.E.C.E., de l’éditorial ainsi que des articles très intéressants du dossier central du n°100 de la revue « Eléments » : « Le localisme, une réponse à la mondialisation »

« A l'époque de la modernité, la politique a été pensée de façon essentiellement institutionnelle ou constestataire de l'institution. Le pouvoir central était l'enjeu des pratiques et des luttes politiques. Quand les mécontents étaient trop nombreux, on assistait à des mouvements de colère, voire à des insurrections. Aujourd'hui, on assiste à une implosion. On ne se mobilise plus, on se détourne. Non seulement les pouvoirs officiels sont de plus en plus impuissants, mais l'abstention ne cesse de progresser. D'autant plus coupés du peuple qu'ils veulent être " proches de lui ", les politiciens ont beau assurer de façon pathétique leur " souci de transparence ", leurs programmes n'intéressent plus. »  (extrait de l’éditorial de Robert de Herte)

 

« L'heure de la micropolitique » (l’éditorial de Robert de Herte)

« Paysages et sens du lieu »  (Luisa Bonesio)

« Le sens de la limite contre la mégamachine »  (Eduardo Zarelli)

« Localisme et biorégionalisme » (Eduardo Zarelli)

« Aux sources du biorégionalisme » (entretien avec Peter Berg, animateur de Planet Drum Foundation)

 

La revue "Eléments" est une publication des éditions "Le Labyrinthe"

 

samedi, 05 novembre 2005

Références contre la mondialisation marchande

 

« Les procès de la mondialisation »,  collectif autour d’Edward Goldsmith et Jerry Mender (éditions Fayard, janvier 2001)

Les plus grands spécialistes mondiaux étudient les différents processus de la mondialisation et son impact sur les aspects de la vie : aggravation de la pauvreté et de l'exclusion, démantèlement des économies locales, homogénéisation de la culture, menaces sur les milieux naturels, sur la santé, sur la diversité biologique, sur les processus démocratiques... Ce livre-prise de conscience, co-dirigé par les dirigeants du Forum international de la mondialisation, a reçu le prix du meilleur livre politique de l'année aux États-Unis.

*****

« Aux sources de l’erreur libérale », collectif sous la direction de Benjamin Guillemaind et Arnaud Guyot-Jeannin (éditions « L’age d’homme », 1999)

Le marché unique fait des ravages. Maintenant que le modèle communiste s’est effondré à l’Est, les thuriféraires de l’économie de marché nous expliquent très doctement que le système libéral annonce la fin de l’histoire. Or, il n’annonce que la fin d’une histoire : celle de la modernité présente. Le règne sans partage du capitalisme moderne sur toute la surface de la terre achève sa phase optimale de destruction planétaire sous les assauts de ses dysfonctionnements patents. L’histoire est en effet un éternel recommencement. C’est  précisément à la fin du cycle actuel que le libéralisme, n’ayant plus son repoussoir communiste, ne pouvant plus instrumentaliser ses tares à son profit, affronte ses propres contradictions.
Cet ouvrage collectif regroupe ainsi des sensibilités diverses, mais dont l’objectif commun est de définir une troisième voie identitaire et communautaire alternative au matérialisme marxo-libéral, et plus généralement aux ravages du libéralisme mondial.

mardi, 11 octobre 2005

Une somme d'intelligence pour comprendre le monde en transition dans lequel nous vivons

"Critiques - Théoriques" par Alain de Benoist (Ed. L'Age d'Homme - janvier 2003)
« Ce volume constitué de deux volets, intitulés Critiques et Théoriques, réunit une série de textes publiés depuis une dizaine d'années. Ceux-ci sont de longueur inégale, et de ton différent. Certains sont des articles, des études ou des essais, avec parfois des concessions au style parlé ou quelques pointes polémiques. La plupart d'entre eux évoquent l'actualité, mais avec toujours pour souci de réaliser un va-et-vient entre cette actualité et les idées générales, les principes théoriques et leurs illustrations. Tous ont été dûment amendés, augmentés, parfois actualisés.
Ainsi juxtaposés, ces textes établissent au moins une cohérence et une continuité. Ils font bien apparaître, je crois, comme autant de lignes de force ou de fils conducteurs, les trois axes principaux de ma pensée : 1) la critique conjointe de l’individuo-universalisme et du nationalisme (ou ethnocentrisme) en tant que catégories relevant l’une et l’autre de la métaphysique de la subjectivité. 2) la déconstruction systématique de la raison marchande et de la Forme Capital, dont le déploiement planétaire constitue à mes yeux la menace principale qui pèse aujourd’hui sur le monde. 3) lutte en faveur des autonomies locale, liée à la défense des différences et des identités collectives, comme condition première d’un renouveau de la démocratie
 Leur dénominateur commun est d'analyser et de chercher à comprendre le monde actuel en le mettant en perspective. Cette démarche est dépourvue de toute nostalgie restaurationniste. Lorsque la modernité s'y trouve critiquée, ce n'est jamais pour lui opposer un passé idéalisé, mais bien plutôt comme un phénomène en voie d'achèvement et au nom d'une postmodernité qui, en dépit de ses ambiguïtés évidentes, est avant tout perçue comme la possibilité d'un nouveau commencement.
 Nous vivons aujourd'hui dans un monde en transition, ou le passé ne nous fournit plus guère de repères, ou les anciennes doctrines sont de peu de secours, ou la tradition ne peut plus faire d'elle même autorité. C'est le temps des nouveaux clivages politiques, des nouveaux débats intellectuels et scientifiques, des nouveaux rapports de force à l'échelle internationale. On discerne seulement les signes avant-coureurs de ce qui vient. Ce livre se propose d'aider à en comprendre le sens. » (Présentation de l’auteur)


Table des matières :


Première partie "Critiques": "Critique de l'idéologie libérale" - "Le bourgeois" - "Brève histoire de l'idée de progrès" - "L'idéologie du travail" - "Nationalisme: phénoménologie et critique" - "Psychologie du conspirationnisme" - "Pensée unique, nouvelles censures" - "Le système des médias" - "L'Amerique" - "Face à la mondialisation" - "Le troisième age du capitalisme" - "Du lien social" - "L'effacement du clivage droite-gauche" - "Ou est passée la gauche?" - "La politique menacée, la politique retrouvée"


Deuxieme partie "Théoriques": "Johannes Althusius" - "Relire Rousseau" - "Sur l'écologie I" - "Sur l'écologie II" - "La nature et sa "valeur intrinsèque" " - "Repenser la guerre" - "Identité, égalité, différence" - "Democratie représentative et démocratie participative" - "Communautariens vs liberaux" - "L'idée d'empire" - ""Souverainistes" et souveraineté" - "Jacobinisme ou fédéralisme?" - "Minima moralia"


(Il est possible d'accéder à la quasi totalité des articles composant l'ouvrage sur le site de l'Association les Amis d'Alain de Benoist)