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mardi, 31 janvier 2006
"La politique retrouvée"
"La politique est une donnée fondamentale de l'existence humaine, un élément constitutif de toute société ce qui revient à dire qu'il ne peut y avoir d'humanité véritable en dehors d'elle. La politique existe, inéluctablement, d'abord parce que l'homme est un être social-historique aux aspirations contradictoires, ensuite parce que la marche des sociétés n'est pas arrêtée par avance, mais au contraire toujours indéterminée. Elle émerge pleinement, comme catégorie autonome, dès qu'au sein d'une société donnée les systèmes de parenté deviennent insuffisants à régler les conflits et à déterminer les objectifs communs. Elle constitue à la fois une pratique et un champ. En tant que pratique, on peut la définir comme l'art de la décision en vue du bien commun. Elle est un art en effet, et non pas une science, parce qu'elle implique la pluralité des choix et que ses objectifs dépendent de situations concrètes toujours changeantes. Cet art exige la prudence dans la détermination des moyens et des buts, car la politique ne peut créer que des équilibres provisoires. Il exige aussi la décision, car la délibération ne suffit pas à elle seule à engager l'action. Tout espace commun implique en outre la pluralité des agents, de leurs aspirations ou de leurs points de vue (le " polythéisme des valeurs "), et donc la nécessité d'une instance capable de trancher entre ces aspirations et ces points de vue. Quant au bien commun, qui n'est évidemment pas la somme des biens ou des intérêts particuliers, il peut s'appréhender lui-même comme ce qui manque à chaque individu pris séparément.
En tant que champ, la politique désigne la dimension publique du social. Elle a donc pour présupposé la distinction du public et du privé. (La soumission du public au privé est la marque des régimes libéraux, l'arraisonnement du privé par le public celle des régimes totalitaires). Par opposition au privé, qui correspond à la sphère (familiale, domestique, économique) de la nécessité, elle représente la sphère de la liberté. Elle est un vecteur privilégié d'accès et d'usage de la liberté, un vecteur de réalisation de l'excellence de soi.
Le champ politique est un espace de réciprocité, où les hommes ne se rencontrent pas entant que personnes privées, mais s'apparaissent mutuellement en tant que citoyens pour agir et décider en commun. Le politique tient son rôle fondateur de ce qu'il organise les communautés humaines en les faisant tenir ensemble. Il institutionnalise le lien social, il fonde la co-appartenance, le vouloir vivre-ensemble (la philia). Il est le lieu d'un face-à-face où se règlent les affaires communes. A la société, le politique " ne dicte pas sa manière d'être, il la fait être " (Marcel Gauchet). Althusius définissait très justement la politique comme l'" art d'associer " (consociandi). À la fois modalité d'existence collective et forme spécifique de l'action, la politique, en se fondant sur un lien commun, devient elle-même le lieu du commun.
La politique ne se réduit donc pas à l'organisation des pouvoirs ou à la capacité de " désigner l'ennemi ", et moins encore à un simple système d'obéissance et de commandement. Le politique n'est pas l'étatique. L'erreur du pouvoir étatique est de croire que, dans la mesure où il la représente, il est en quelque sorte la société. Il n'en est rien. Ce n'est pas le pouvoir qui détermine les formes sociales et les valeurs culturelles, mais c'est à l'inverse la codification des valeurs culturelles et des formes sociales qui détermine les systèmes de pouvoir. La négation de la condition ontologique de pluralité entraîne une valorisation sans limite de l'unité, qui fait violence au social et s'achève en appel à la tyrannie. Tel est le fond de tous les schémas hérités de l'absolutisme romain.
En Europe, la politique apparaît en Grèce en même temps que la démocratie. Mieux, elle apparaît en tant que démocratie. Ce n'est pas un hasard. Si l'on admet que la participation à la vie publique est le meilleur moyen pour l'homme de s'accomplir lui-même et d'exercer sa liberté, ainsi que l'affirme toute une tradition allant d'Aristote jusqu'à Hannah Arendt, alors il faut aussi reconnaître que la démocratie n'est pas " le moins mauvais des systèmes politiques ", comme le disent dédaigneusement ceux qui n'y voient qu'un moindre mal, mais bel et bien le meilleur - et même peut-être le seul qui puisse être regardé comme véritablement politique ; dans la mesure où il est aussi le seul dont le principe repose sur la participation du plus grand nombre aux affaires publiques. Par essence, la démocratie est donc d'abord participative, et non pas représentative. La démocratie participative est l'une des formes de la réciprocité généralisée. Elle est à la politique ce que le don cérémoniel est à la sociologie, un mode de reconnaissance mutuelle à l'intérieur d'une communauté donnée. Au sein de cette communauté, elle réalise ce que l'ancien droit des gens réalisait par rapport à la guerre : limiter l'hostilité. Elle permet de régler pacifiquement les conflits, de trancher entre les compétiteurs sans les criminaliser ni les anéantir. À l'inverse, toute forme de despotisme, dans la mesure où il se ramène à un simple jeu de pouvoir, trahit l'esprit du politique, puisqu'il repose sur une confiscation.
Nous n'assistons pas aujourd'hui à la fin du politique, mais à la fin d'une forme politique caractéristique d'une modernité elle-même en voie d'achèvement. À l'épuisement d'un modèle d'autorité surplombante, où la décision était concentrée entre les mains du pouvoir d'en-haut. À la faillite d'une démocratie devenue exclusivement représentative par le biais du parlementarisme libéral, et qui ne représente plus rien. À la faillite d'élites autoproclamées dont l'expérience historique a maintes fois montré qu'elles n'étaient ni plus capables ni moins faillibles que les masses qu'elles prétendaient éclairer.
Paul Valéry disait plaisamment que la politique résidait dans l'art d'empêcher les gens de prendre part aux affaires qui les concernent. Faire de la politique aujourd'hui consiste à faire en sorte que les citoyens décident le plus possible par eux-mêmes de ce qui les concerne. Le premier sujet de la démocratie, il ne faut jamais cesser de le rappeler, c'est le peuple. Le point de départ de la politique démocratique, c'est le pouvoir instituant du peuple. La souveraineté démocratique n'est pas la souveraineté nationale, mais la souveraineté populaire. La politique est aujourd'hui appelée à renaître à partir de la base. Cela exige de surmonter la dichotomie artificielle entre l'État et la " société civile " pour restituer, dans toute sa riche diversité, la dimension politique du social. La politique à partir de la base implique la souveraineté partagée, le principe de subsidiarité, le respect des corps intermédiaires et des libertés fondamentales, l'établissement à chaque niveau d'un équilibre entre délibération et décision. Avoir présent à l'esprit le modèle grec plutôt que le modèle romain. À l'image de la pyramide, substituer celle du labyrinthe."
"La politique retrouvée"Editorial de Robert de Herte
Eléments n°105, juin 2002
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Lire aussi, dans cette livraison:
« La politique est-elle encore possible ? » par Alain de Benoist------------
11:40 Publié dans Lectures. Livres et revues, Textes d'orientation & points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, philo
lundi, 30 janvier 2006
"Moïse, Jésus, Marx & Co"
Cette irrésistible ascension de la bigoterie, dans un monde qui avait pourtant lu Épicure, est pour nous un enseignement précieux, qui doit nous vacciner à jamais contre l'illusion voltairienne du " progrès des Lumières ". En fait, les véridiques sont toujours une minorité. Quand par hasard un groupe humain se débarrasse des faux dieux (et quels dieux ne sont pas faux ?), presque aussitôt survient une révolution " démocratique ", sociale, populaire, qui replonge les masses dans leur élément de prédilection : dogmatisme, puritanisme, ignorance, optimisme, sadisme, agressivité, héroïsme au service de l'erreur, goût du martyre et de la tyrannie... Ibsen, bien avant moi, l'avait remarqué : l'homme qui dit la vérité est un " ennemi du peuple ".
Cette haine des masses pour le Vrai, qui est universelle et de tous les temps, finit par en devenir touchante. Je suis vraiment ému quand je pense aux trésors d'imagination que l'homme a dépensés pour se cacher à lui-même l'évidence, savoir : qu'Épicure était dans le vrai, que la vie est un accident, qu'il n'y a pas de psychisme sans corps, que l'humanité finira comme elle a commencé, dans l'indifférence cosmique. Religions et idéologies n'ont été fabriquées, enseignées, imposées que pour jeter un voile sur ces vérités si simples, et il semble bien qu'elles remplissent, dans l'histoire, une sorte de fonction vitale. Osiris, Ishtar, Baal, Moïse, Jésus, Mahomet, Karl Marx, Lénine et Mao-tse-tung ne sont pas seulement des crétiniseurs de peuples : ce sont aussi des consolateurs, car il faut bien nous rendre à l'évidence : l'humanité aime encore mieux subir l'Inquisition ou le NKVD que d'y voir clair. Sur ce point, le gros Marx et le maigre Jésus sont bien de la même race d'imposteurs chaleureux : ils se conduisent envers l'homme comme la famille apitoyée d'un cancéreux qui doit ignorer, à tout prix, son état véritable. Il y a, dans leur cas, beaucoup de cuistrerie, de prétention et d'ignorance, mais aussi une sincère pitié pour la bête du troupeau, la bête violente et malade, qui ne veut pas savoir ce qui l'attend. C'est dire que l'Erreur est invincible, qu'elle renaîtra toujours, multiple, protéiforme, increvable, sous forme d'une infinité d'églises, de partis, de sectes contradictoires, mais qui auront toujours en commun la même volonté d'imposer le silence à ceux qui ont compris...
En tant qu'écrivain fantastique, le simple jeu de l'imagination me fascine. Rien de ce qui est fabuleux ne m'est étranger, et je ne peux rester indifférent à tous ces univers-fantômes que l'homme s'est créé pour ne pas voir le vrai, décidément trop triste. Mon seul regret, c'est que le monde, en vieillissant, devienne trop raisonnable, et que ses mythes se dessèchent, s'appauvrissent... L'univers de Karl Marx est à périr d'ennui, comparé à celui de la Bible, et ce dernier paraît bien étriqué auprès des grandes mythologies sémitiques (cananéenne et babylonienne) dont il dérive. Et quelle richesse dans l'Edda, dans Homère, Hésiode, les tragiques grecs, dans le Ramayana, dans le pullulement poétique et familier des kami du shintô japonais primitif !
Une fois de plus nous assistons à une régression, là où nos démocrates bien-pensants voudraient nous faire croire à une évolution. Car enfin au nom de qui, de quoi, devrions-nous considérer le monothéisme comme représentant un progrès sur le polythéisme ? Même philosophiquement, c'est faux. Le monde d'Homère - monde héroïque et pessimiste s'il en fut - est un monde dont le principe n'est pas la volonté des dieux, mais la causalité (anankè). Les dieux eux-mêmes y sont soumis et l'homme, en fin de compte, est " la plus misérable des créatures qui respirent et qui rampent sur la terre ". C'est Zeus en personne qui le dit, au chant 17 de l'Iliade ! Si de là nous passons à la Bible, que voyons-nous ? Un petit dieu hargneux, possessif, populacier, gonzesse, qui prétend se faire passer pour le Principe unique, l'ordonnateur du cosmos (auquel il n'a rien compris), le créateur de l'hippopotame et du crocodile, dont il donne, à la fin du livre de Job, une description d'un grotesque achevé, sur un ton de vantardise et d'impudence qui donne envie de lire le texte avec l'accent de Marseille, en ajoutant un té !, un vaï ! ou un ouop putéing ! à la fin de chaque phrase. Et dans le Nouveau Testament, ce dieu galéjeur prétend nous rendre immortels afin de nous obliger à le fayoter grossièrement in saecula saeculorum... Fort heureusement nous sommes périssables, et par bonheur il n'y peut rien !
Enfin ! A quelque chose malheur est bon ! Les idéologies officielles devenant de plus en plus mornes, il nous reste la consolation de nous raconter, en pleine connaissance de cause, des histoires de fantômes, de vampires et de Martiens, qui nous consoleront quelque peu, sans pour autant nous faire renoncer à la saine, réconfortante et salubre pensée du néant qui nous attend tous."
Moïse, Jésus, Marx & Co
Pierre Gripari
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19:40 Publié dans Le carnet. Au fil des jours... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : religion
dimanche, 29 janvier 2006
Doux visage de l'Europe...
08:45 Publié dans Le carnet. Au fil des jours... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 26 janvier 2006
Face à la mondialisation
« Le terme de « globalisation » (ou « mondialisation » )s'est imposé depuis quelques années pour décrire un phénomène qui s'accomplit sous nos yeux : la déterritorialisation de la plupart des problématiques contemporaines et la tendance à l'unification de la Terre. Ce phénomène n'est pas une idée ou un simple projet,mais une réalité à laquelle concourent objectivement la plupart des tendances actuelles.L'ampleur du phénomène en laisse prévoir la durée. La globalisation,pour le dire autrement,constitue désormais le cadre de notre histoire présente.C'est pourquoi se déclarer « contre la globalisation » n'a aujourd'hui plus beaucoup de sens. On peut en revanche en élucider la signification,et tenter d'agir sur ses formes et son contenu. »
Retrouvez ci-dessous deux textes de conférence du philosophe Alain de Benoist pour comprendre ce vaste phénomène mondial géopolitique, économique et culturel qu’installe un libéralisme débridé et que permettent les moyens actuels de communication et de circulation. Alors que s’étend et se concrétise ce qu’il appelle l’idéologie du Même (homogénéisation planétaire, uniformisation des comportements,disparition des modes de vie différenciés,généralisation d'un modèle uniforme de « développement », etc.), et que d’autre part –dans le même temps que grandit l’impuissance des Etats nationaux- s’actualisent des formes « de crispations identitaires, d'affirmations ethniques ou religieuses agressives, qui engendrent un peu partout guerres civiles et conflits tribaux », l’auteur nous invite, par ces textes, à penser de nouveaux modes d’être et d’agir au sein de cette réorganisation du monde :
« Qu’est ce que la mondialisation » (texte d’une conférence prononcée à Anvers)
« Face à la mondialisation » (texte d’une conférence prononcée à Paris le 1°décembre 1996, repris dans l’ouvrage collectif ‘Les grandes peurs de l’an 2000 », Paris 1997)
Ces deux textes sont téléchargeables ici
16:35 Publié dans Textes d'orientation & points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mondialisation, globalisation
mardi, 24 janvier 2006
Euro-géographie
Revue Herodote n0118 - L’Europe et ses limites (troisième trimestre 2005)
"Les limites orientales du continent européen n’ont été longtemps qu’une question de géographie assez académique. Mais aujourd’hui - et plus encore sans doute dans l’avenir -, c’est désormais un problème géopolitique d’importance, et pas seulement à cause de la polémique suscitée par la candidature de la Turquie à l’Union européenne. Ce problème va aussi se poser, tôt ou tard, pour la Russie. Certes, à la différence des nombreux États qui ont été ou sont encore candidats à l’Union européenne, en raison des avantages économiques qu’ils en escomptent, les dirigeants de la Russie n’envisagent pas pour le moment une telle candidature, pour ne pas sembler renoncer à la grandeur passée d’une superpuissance et à des pratiques politiques encore fort peu soucieuses des droits de l’homme. Mais l’élargissement accéléré de l’Union européenne pose de plus en plus le problème de la Russie en Europe, et donc celui des limites de ce continent. Cette question des limites de l’Europe suscite dans de nombreux pays un vrai débat géopolitique entre citoyens. En effet, selon leurs tendances politiques et les représentations qu’ils ont des intérêts de leur propre pays ou des menaces qui l’entourent, ils invoquent à propos de tel ou tel État des arguments qui traduisent plus ou moins clairement des rivalités de pouvoirs au sein de l’Union européenne, mais aussi sur sa périphérie."
18:05 Publié dans Lectures. Livres et revues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, géopolitique
mercredi, 18 janvier 2006
L'intelligence du Mal
13:50 Publié dans Le carnet. Au fil des jours... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : philo
Sur Johannes Althusius
Auteur calviniste Allemand post-médiéval, s’inspirant des expérience fédérales de son temps (Helvétiques & Néerlandaise), Johannes Althusius (1557-1638) s’est attaché à reformuler le principe de subsidiarité de saint Thomas d'Aquin, et à démontrer en quoi le fédéralisme est le moyen de concilier l’autonomie de la personne – inscrite dans ses communautés organiques- et le « bien commun », dans son ouvrage « Politica methodice digesta » (1603).
Pour découvrir ce théoricien qui peut être à juste titre considéré comme l’un des père du fédéralisme :
“The Politics of Johannes Althusius”. An abridged translation of the Third Edition of “POLITICA METHODICE DIGESTA, ATQUE EXEMPLIS SACRIS ET PROFANIS ILLUSTRATA”. And including the Prefaces to the First and Third Editions. Translated, with an Introduction by FREDERICK S. CARNEY (© 1964 by Frederick S. Carney, Library of Congress). Preface by Carl J. Friedrich
ou
Johannes Althusius, Politica (1614). An Abridged Translation of Politics Methodically Set Forth and Illustrated with Sacred and Profane Examples, ed. and Trans. Frederick S. Carney. Foreword by Daniel J. Elazar (Indianapolis: 1995 Liberty Fund). Edition téléchargeable au format “pdf”
Voir ici l'excellent article de présentation de ce théoricien, par Alain de Benoist :
« Althusisus » (revue « Krisis », 1999, n°22 : « Fédéralisme » ; repris dans "Critiques-Théoriques", publié en 2003)
13:15 Publié dans Textes d'orientation & points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philo, politique
lundi, 09 janvier 2006
Shadowing the world...
« Shadowing the world – Suivre le monde comme son ombre, pour en effacer les traces montrer que, derrière ses fins supposes, il ne va nulle part.
C’est par là que la pensée rejoint l’événement du monde – non pas l’occurrence d’une totalité introuvable, mais celle du monde tel qu’il est, dans son occurrence imprévisible. » (Baudrillard)
(L'aimable illustration n'est pas du penseur photographe Jean Baudrillard!)
18:25 Publié dans Le carnet. Au fil des jours... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philo
Homogénéisation...

« Si l’on prend la guerre pour ce qu’elle est aujourd’hui (au delà des enjeux politiques), l’instrument d’une acculturation violente à l’ordre mondial, alors les médias et les images font partie de la Réalité Intégrale de la guerre, ils sont l’instrument le plus subtil de la même homogénéisation par la force »
(Jean Baudrillard, « La diaspora mentale des réseaux », in « Le pacte de lucidité ou l’intelligence du mal », éditions Galilée, avril 2004)
17:05 Publié dans Le carnet. Au fil des jours... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Philo, médias
samedi, 07 janvier 2006
" Bienvenue dans le désert du réel "... (2)

« L'effacement de Dieu nous a laissés face à la réalité. Qu'en sera-t-il de l'effacement de la réalité ? Est-ce là un destin négatif, ou tout simplement l'absence de destin l'avènement d'une banalité implacable, liée au calcul intégral de la réalité ? Mais le destin n'a pas dit son dernier mot. Il est sensible, au cœur même de cette réalisation intégrale, au cœur de la puissance, dans cette convulsion interne qui en suit la logique et en précipite les effets, dans ce retournement maléfique de la structure elle-même, qui transforme une destination positive en une finalité meurtrière : cela, c'est le principe même du Mal et de l'intelligence du Mal. Soit deux formes antagonistes : La Réalité Intégrale : le mouvement irréversible de totalisation du monde. La Forme Duelle : la réversibilité interne au mouvement irréversible du Réel. On ne peut que penser que l'évolution (ou l'involution) vers un univers intégral est irrésistible. Mais on ne peut que penser en même temps que la forme duelle est indestructible. Rien ne permet de spéculer sur l'issue de ce double mouvement contradictoire. On reste devant la confrontation sans issue d'une forme duelle et d'une intégration totale, mais en apparence seulement, car toujours en proie à une désintégration secrète, à cette dissension qui la travaille de l'intérieur, de par la réfraction de la dualité au cœur même de cette totalisation virtuelle. C'est la violence mondiale immanente au système-monde lui-même, et qui lui oppose de l'intérieur la forme symbolique la plus pure du défi. »
Jean Baudrillard dont je ne me lasserai d’inviter à (re)lire les 5 volumes des « Cool memories »…
20:05 Publié dans Lectures. Livres et revues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : philo




















